À chaque repas de famille, la question revient. « Tu es de quel signe ? » Et derrière la réponse, une idée tenace : mon signe indiquerait la constellation dans laquelle se trouvait le Soleil le jour de ma naissance. C’est intuitif, logique presque… et pourtant faux dans la plupart des cas.

L’astrologie occidentale utilise ce qu’on appelle le zodiaque tropical. Il découpe la trajectoire du Soleil dans le ciel en douze tranches égales de 30 degrés environ, avec un point de départ fixé non pas sur une étoile mais sur l’équinoxe de mars, le début conventionnel du Bélier. Au sens astronomique, les constellations, elles, sont tout autre chose : des zones aux frontières officielles, de tailles très inégales. Et le Soleil en traverse treize, pas douze, puisqu’il passe aussi par Ophiuchus, le Serpentaire, dont l’astrologie ne parle jamais.

Reste le vrai coupable du décalage, la précession des équinoxes. L’axe de rotation de la Terre pivote lentement en décrivant un cône, comme une toupie, un tour complet en 26 000 ans environ. Ce lent basculement entraîne avec lui le point de repère de tout le système, l’équinoxe de mars, qui se décale d’un degré tous les 72 ans le long du ciel. La conséquence est directe : à une même date, le Soleil ne se lève plus devant la même constellation qu’à l’Antiquité. Le décor d’étoiles derrière lui a défilé d’un cran, pendant que le calendrier des signes, resté accroché aux saisons, n’a pas bougé. Il y a deux mille ans, quand le zodiaque tropical a été fixé, les deux coïncidaient encore. Aujourd’hui, la plupart des « Bélier » avaient en réalité le Soleil projeté devant les Poissons 🐟.

Un calendrier symbolique et la carte du ciel sont deux objets bien différents …